Series - FotoSlovo 2026 - Category « Old Process »
Bronze Medal
Lumière et ombre dans le flux du temps
Dans mon projet photographique, je me consacre depuis trois ans de manière intensive au travail avec la caméra sténopé (pinhole) – un instrument volontairement réduit, composé d’une simple boîte métallique et d’un minuscule trou. Cet outil minimaliste ne forme pas l’image à l’aide d’un objectif, mais selon le principe pur de la transmission de la lumière. La minuscule ouverture de 0,2 à 0,3 mm ne laisse passer qu’un soupçon de lumière, et pourtant une image complète en résulte. Le trou agit comme une interface paradoxale : il est presque rien – et en même temps la condition pour que quelque chose devienne visible. Sans lui, pas d’image ; ce qui semble être le néant devient l’origine d’un tout visuel.
La caméra sténopé exige du temps, de la patience et une préparation précise. Chaque emplacement doit être choisi avec soin – en tenant compte du parcours du soleil, de la durée d’exposition et de l’effet visuel souhaité. Les prises de vue ne se font pas en une fraction de seconde, comme c’est habituel en photographie numérique, mais sur des mois, voire des années. Ces longues expositions rendent visibles des mouvements qui échappent à l’œil humain dans l’instant. Elles ouvrent une perspective ralentie sur le temps et permettent d’expérimenter le ciel comme un espace de transformation continue.
Les images qui en résultent ne montrent pas une réalité clairement définie, mais des trajectoires lumineuses abstraites qui retracent la course du soleil. Des couches de couleurs se superposent, des lignes se déplacent, des motifs apparaissent et disparaissent dans une révélation lente. Les photographies évoquent des peintures dans lesquelles le soleil devient lui-même l’artiste – un acteur silencieux et constant qui trace ses empreintes dans le ciel.
Mon projet se comprend comme une exploration visuelle du temps et de la lumière. Il remet en question la rapidité des mondes d’images numériques et lui oppose la patience silencieuse de la création analogique. Par la réduction à l’essentiel – un trou, la lumière et le temps – se crée un espace poétique où visibilité et invisibilité fusionnent.
Formularende
31. Mars 2026 Reinhard Sock














